Depuis les bombardements de l’Iran par Israël et les États-Unis le 28 février, la guerre a éclaté au Moyen-Orient. Entre la riposte iranienne sur les bases américaines et les images de fumée sur Téhéran, nos enfants reçoivent de plein fouet les échos de ce conflit. Même sans regarder le journal télévisé, ils captent des bribes de phrases sur les réseaux sociaux ou entendent des rumeurs dans la cour de récréation. Face à cette actualité brutale, le silence n’est pas la solution.
Camille Laurans, rédactrice en chef d’1jour1actu, nous explique comment proposer une actualité expliquée aux enfants sans les effrayer.
Lever le tabou : pourquoi parler des sujets graves ?
1jour1actu choisit de parler de la guerre en Iran, pourquoi ?
Camille Laurans : Parce que les enfants en entendent parler. Cette guerre tourne en boucle, à la télé, à la radio et dans les conversations des adultes autour d’eux. Ils ne sont pas sourds et aveugles à ce qui anime les adultes. Leurs sens sont même plutôt en éveil quand ils sentent qu’on essaie de leur cacher un sujet. Toutes les semaines, à la rédaction, nous recevons des questions spontanées d’enfants. Lilyam 11 ans, nous a demandé : « Pourquoi y a-t-il la guerre en Iran ? » Mathilde, 9 ans : « Combien de temps va durer la guerre ? » Anissa, 10 ans : « Pourquoi l’Iran a bombardé Dubaï », Mathilde 13 ans, « Est-ce qu’il va y avoir une troisième guerre mondiale ? »
Si les enfants n’obtiennent pas de réponses à leurs questions, ils risquent d’aller les chercher par eux même sur les réseaux sociaux, par exemple, ou dans des médias qui ne sont pas pensés pour leur âge. Sans compter les fausses infos qui tournent sur Internet ou même dans la cour de récré !
Répondre à leur question s’est donc s’assurer qu’ils ont une réponse adaptée à leur âge, juste et vérifiée.

Les clés du dialogue : comment aborder le sujet en famille ?
Quels conseils donner aux parents quand les enfants se questionnent à ce sujet ?
Camille Laurans : Le mieux est de choisir un moment où vous êtes vraiment disponible. Si votre enfant vous questionne au petit-déjeuner et que vous courrez d’un bout à l’autre de l’appartement pour ne pas être en retard, ce n’est pas le moment. Vous pouvez simplement lui dire que vous lui expliquerez calmement au dîner par exemple.
Mon deuxième conseil, c’est de vous appuyer sur des supports simples. La très grande majorité des enfants ne savent pas où se trouve le Moyen Orient, l’Iran, Israël. Prenez une mappemonde, un planisphère. Montrez-lui ou cela se trouve, par rapport aux États-Unis, par rapport à la France. Et bien sûr, appuyez-vous sur ce que les médias spécialisés pour les enfants mettent à disposition. À 1jour1actu vous avez des vidéos illustrées, des articles au format papier, des articles web. Ce sont des briques d’informations que vous pouvez utiliser par petite touches. Car tout n’a pas besoin d’être expliqué en une fois !

Dernier conseil : N’hésitez pas à lui demander aussi ce qu’il en pense. Il pourrait vous surprendre, car les enfants ne manquent pas de bon sens et font preuve souvent de philosophie dans la façon de comprendre ce qui se passe dans le monde. C’est ainsi que vous transformerez un moment que vous avez d’abord craint en une conversation passionnante avec votre enfant.
Protéger sans cacher : trouver le juste équilibre
Comment faire pour ne pas trop les inquiéter sans édulcorer la réalité ?
Camille Laurans : D’abord, on prend soin de ne pas le confronter à des images violentes. On ne regarde pas le JT avec son enfant. On veille à ce qu’il n’aille pas sur les réseaux sociaux ou qu’il ne surfe pas n’importe où sur internet. Une fois ses précautions prises, le meilleur conseil que je peux vous donner c’est de commencer par questionner votre enfant :
- Qu’est-ce qu’il veut savoir, exactement ?
- Qu’est-ce qu’il a entendu ?
- Est-ce que quelque chose en particulier l’inquiète ?
Laissez-vous guider par ses questionnements à lui. N’allez pas au-delà, c’est le moyen le plus sûr de respecter ses limites. Chaque enfant à les siennes. Il faut juste prendre le temps de les identifier. Et puis on rappelle toujours que des adultes travaillent d’arrache-pied pour tenter de mettre fin à cette guerre.