Nombreux sont les parents de jeunes enfants qui se posent la même question :
« Comment donner envie de lire à son enfant avant l’entrée au CP ? Existe-t-il une recette pour lui transmettre le goût des livres ? ». Avec sa nouvelle formule, J’apprends à lire apporte une réponse concrète, fondée sur une conviction forte : les plus jeunes peuvent adopter un véritable “comportement de lecteur” bien avant de savoir déchiffrer les mots. Manipuler, partager, explorer… et surtout associer la lecture au plaisir, avant même qu’elle ne devienne un apprentissage. Décryptage avec Juliette Vallery, rédactrice en chef du magazine.
Apprendre à lire sans pression
Au mois de mars, le magazine J’apprends à lire dévoile sa nouvelle formule. Un tournant éditorial pour ce titre emblématique du groupe Milan, destiné aux enfants à partir de cinq ans. À un âge charnière, où les petits ne savent pas encore lire seuls, ou commencent tout juste à le faire, l’équipe éditoriale assume une ambition forte : préparer le terrain, en douceur, avant l’entrée dans le déchiffrage systématique des mots et des phrases. En creux, l’enjeu de cette nouvelle mouture se place du côté émotionnel, avec la volonté de donner le goût de lire à son enfant. En effet, l’équipe du magazine veut capter l’attention des plus jeunes au moment où la curiosité pour les lettres est maximale.
« Nous nous adressons aux enfants dès la grande section, parce que notre objectif est de leur donner le goût de lire avant le CP, afin qu’ils abordent l’apprentissage formel de la lecture avec plus de confiance et sans pression » explique Juliette Vallery. En somme, il s’agit de préparer le terrain en douceur : créer un terreau fertile, semer les graines, puis laisser l’envie de lire grandir naturellement.
Installer un “comportement de lecteur”

L’objectif n’est donc pas de proposer une méthode de lecture parallèle à l’école. « On ne souhaite pas se substituer à l’école. On veut simplement être un guide qui accompagne sans pression ces premiers pas vers la lecture en douceur. » La stratégie éditoriale du magazine repose ainsi sur une idée simple mais puissante : devenir lecteur, ce n’est pas seulement savoir combiner des sons. C’est adopter des gestes, des repères, une familiarité avec l’écrit. Cela passe notamment par savoir tourner les pages au bon moment, repérer un dialogue grâce à une petite tête dessinée, identifier une onomatopée qui revient, se souvenir qu’un refrain va apparaître. Autant de micro-compétences qui construisent une posture de lecteur, sans même s’en rendre compte !
La nouvelle formule renforce ainsi les balises visuelles pour accompagner sans pression la lecture des enfants à partir de 5 ans : dialogues en gras, onomatopées détachées, repères graphiques clairs. La grande histoire, format classique du magazine est désormais plus riche en images, moins dense en texte, pour faciliter l’entrée dans le récit.
Manipuler pour apprendre : lire avec les mains
Autre évolution majeure de la nouvelle formule de J’apprends à lire ? L’implication active de l’enfant. Ainsi, les autocollants occupent désormais une pleine page dans le magazine et irriguent les trois histoires du magazine. Pourquoi ce choix ? « Parce que l’engagement passe par l’action. Quand on est impliqué pour agir, la mémoire, le cerveau fonctionnent différemment », souligne Juliette Vallery.
Coller un mot au bon endroit. Compléter une phrase laissée en suspens. Identifier un personnage. Les enfants ne sont plus seulement auditeurs, ils deviennent co-acteurs, une excellente manière de stimuler les apprentissages, l’air de rien.

Courte et construite autour de répétitions et de refrains, la première histoire est pensée pour permettre à l’enfant de participer activement. L’adulte lit à voix haute, puis s’interrompt à certains moments : à l’enfant de retrouver le mot manquant et de coller l’autocollant correspondant. Même sans savoir lire, il peut ainsi prendre part au récit grâce aux indices visuels.


La grande histoire, elle, s’accompagne de jeux de compréhension. Par exemple, savoir identifier où et quand se déroule le récit, reconnaître le genre du récit, retrouver un dialogue clé. Lire devient alors un vrai jeu de piste, idéal quand on connaît la curiosité insatiable des enfants à cette période de leur vie ! La dernière nouveauté s’appelle Ton histoire maison. Un rabat dépliant dévoile une grande maison à explorer, à l’image d’une maison de poupée. L’enfant lit l’histoire… puis intervient lui-même dans le décor, choisit, colle, modifie et signe, devenant un véritable acteur du récit.

« En lisant l’histoire, l’enfant va être interpellé et amené à agir avec ses autocollants dans le décor. Il crée sa propre histoire en complétant l’image, en faisant des choix et en signant », explique Juliette Vallery, qui précise : « On l’engage même plus seulement en tant que lecteur, mais presque en tant qu’auteur. »
Lire ensemble, face aux écrans
La nouvelle formule assume également un positionnement clair dans un environnement particulièrement saturé d’écrans.
Si J’apprends à lire parvient à procurer autant de plaisir que les tablettes, ordinateurs ou autres téléphones portables qui gravitent de plus en plus autour des jeunes enfants, c’est une valorisation très puissante
Juliette Vallery
Bien entendu, l’enjeu n’est pas d’opposer frontalement papier et numérique, mais de proposer une expérience concurrente en termes de stimulation et d’attrait. Manipuler, décoller, tourner les pages, créer : avec le magazine, le corps de l’enfant est engagé, et son attention pleinement mobilisée par ce qu’il découvre. D’autre part, et c’est là un point essentiel de cette nouvelle formule, J’apprends à lire renforce la place de l’adulte. Là où l’écran isole souvent l’enfant, le papier favorise au contraire la relation.
Un levier précieux pour accompagner son enfant en grande section, à ce moment charnière où il découvre progressivement l’univers de l’écrit. « Il y a beaucoup d’enfants qui savent déjà presque lire mais qui essayent de ne pas apprendre, ou tout du moins qui ralentissent sciemment leurs apprentissages, parce qu’ils ont peur qu’on arrête du jour au lendemain de leur raconter des histoires », déplore la rédactrice en chef. Dans cette perspective, la lecture n’est pas une performance à atteindre, mais une expérience à habiter, avec ou sans la présence de l’adulte. Même avant le déchiffrage, l’enfant qui feuillette seul son magazine, observe les images et reconstitue l’histoire dans sa tête est déjà lecteur. La présence du parent, attentive et rassurante, l’aide alors à prendre confiance et à construire, à son rythme, son envie de lire.
J’apprends à lire : une lecture protéiforme à partir de 5 ans
Trois histoires, une BD, une rubrique photo, un petit journal d’infos, de la poésie… La nouvelle formule de J’apprends à lire multiplie les portes d’entrée. « L’apprentissage de la lecture, c’est un apprentissage complètement protéiforme », rappelle Juliette Vallery. Ainsi, lire, ce n’est pas seulement combiner des sons pour en faire des phrases, c’est rire d’un gag en BD, reconnaître un mot sur un panneau dans la rue, goûter la musicalité d’un poème, comprendre un récit. C’est aussi découvrir que les mots sont partout autour de soi, sur un panneau, un paquet de céréales ou une enseigne, et qu’ils permettent de mieux comprendre le monde.
Le magazine cherche ainsi à capter cette curiosité naturelle des enfants, au moment précis où ils commencent à remarquer les lettres dans leur environnement. « Apprendre à lire, c’est une clé d’ouverture au monde », souligne Juliette Vallery. « Ce n’est pas apprendre à déchiffrer un manuel, c’est découvrir tout ce que l’écrit permet de comprendre et d’imaginer. »

À la maison, cela se traduit souvent par de petits moments du quotidien : l’enfant reconnaît un mot déjà vu dans le magazine, feuillette seul ses pages, ou demande qu’on lui relise une histoire qu’il connaît presque par cœur. Peu à peu, il prend confiance et développe le réflexe d’aller spontanément vers les livres, sans qu’on ait besoin de le solliciter. À l’heure où la compétition attentionnelle est féroce, le magazine fait pour sa part le pari d’une séduction positive : susciter l’envie plutôt que créer l’obligation.
« Le but n’est pas de forcer le passage, de les faire aller plus vite que la musique, ou encore de vouloir en faire des petits génies… C’est juste que la lecture devienne un moment de plaisir partagé, sans pression, avec beaucoup de fluidité et de partage. »
Juliette Vallery
Devenir lecteur avant d’apprendre à lire : peut-être est-ce là la clé. Installer la joie avant l’effort, le désir avant la technique. Et surtout rappeler qu’avant d’être une compétence scolaire, la lecture est d’abord une aventure et un trésor à chérir toute la vie.
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