Dormir : est-ce un apprentissage ou une capacité innée ?
Dormir est une fonction biologique innée, mais tous les enfants ne sont pas égaux face au sommeil. Le stress subi par la mère pendant la grossesse peut avoir un impact. Mais tout ne se joue pas in utero : le tempérament d’un enfant ne s’explique pas forcément, et certains bébés seront plus souples que d’autres au moment du coucher. Toutefois, il est possible de favoriser l’endormissement d’un tout-petit en lui offrant un environnement rassurant et des repères.
Quel est l’environnement de sommeil idéal ?
Une chambre fraîche (entre 18 et 20 °C), un lit aux normes européennes avec un matelas ferme, et une gigoteuse ou une turbulette suffisent. Bébé doit être couché sur le dos, dans un lit épuré : pas de peluches, de mobile, de coussin ou de tour de lit jusqu’à 1 an au moins, pour éviter tout accident. Le noir complet est aussi préférable, tant pour les siestes que pour la nuit. Il ne faut pas hésiter à assombrir la chambre en journée, car la confusion entre le jour et la nuit n’est plus un problème après 2 mois de vie !
Quel rythme adopter en fin de journée pour favoriser le sommeil ?
Si l’organisation familiale le permet, avancer l’heure du dîner favorise un repas plus serein, une meilleure digestion, et donc un meilleur sommeil. Il peut aussi être utile de suivre les étapes bain/raps/rituel du coucher dans le même ordre, afin que l’enfant anticipe l’arrivée du sommeil. Il ne s’agit pas d’être rigide pour autant, mais de conserver une routine stable en fin de journée pour que bébé sache ce qui l’attend !
En quoi le rituel du coucher est-il important ?
Pour un enfant, s’endormir est une forme de séparation qui peut être source d’inquiétude. Le rituel du coucher l’aide à vivre cette transition en douceur. Répété chaque soir, il devient un repère qui annonce le sommeil et renforce son sentiment de sécurité avant la nuit. Ce moment n’a pas à être long ni complexe : 10 à 15 minutes suffisent, avec un câlin, une lecture ou une chanson, par exemple. L’important est qu’il reste facilement reproductible, même en dehors de la maison, et que vous y preniez plaisir ! Et si certains soirs la fatigue prend le dessus, il est possible de proposer une version simplifiée.
Pourquoi bébé se réveille-t-il la nuit ?
Comme les adultes, les enfants connaissent des micro-réveils naturels entre leurs cycles de sommeil. Si certains parviennent à se rendormir sels, d’autres ont besoin d’être réconfortés. C’est notamment le cas lorsqu’ils ne retrouvent pas les mêmes conditions d’endormissement pendant leurs micro-réveils. Cela suscite chez eux un état d’alerte qu’ils n’arrivent pas à apaiser seuls. Ils peuvent donc avoir besoin d’être rassurés.
Peut-on faire des écarts en période de vacances ?
Oui, il est important de garder de la souplesse et de penser aussi à ses propres besoins ! L’essentiel est de préserver quelques repères, comme le rituel du coucher lorsque c’est possible, tout en restant à l’écoute de ses besoins de sommeil : généralement, 11 à 14 heures de sommeil par jour pour un enfant entre 1 et 2 ans.
À quoi sont dues les régression de sommeil ?
Certaines périodes du développement peuvent temporairement perturber le sommeil. On observe une phase autour de 9 mois avec l’angoisse de séparation, puis vers 12 mois avec l’acquisition de la marche. D’autres périodes peuvent aussi être sensibles, comme à 18 mois ou vers 2 ans, avec la phase d’opposition. Mais tous les enfants ne connaissent pas ces régressions, et lorsqu’elles surviennent, elles restent transitoires.
À quel moment consulter un spécialiste ?
Si l’enfant se réveille très souvent, sans phase d’accalmie, alors il est important de consulter afin de comprendre ce qui ne va pas. En France, les parents hésitent à se faire accompagner par peur du jugement, alors que dans les pays nordiques cet accompagnement est courant. Nous avons encore du chemin à parcourir avant d’intégrer que demander de l’aide n’est pas une défaillance parentale !
Dossier réalisé par Marie Greco.